
Quand on parle d’activité physique, on pense souvent immédiatement au sport, à la salle de fitness ou à la course à pied. Pourtant, être actif ne signifie pas nécessairement pratiquer un sport intensif.
Marcher davantage, se déplacer à pied, jardiner, nager, faire du vélo ou simplement interrompre régulièrement les périodes passées assis sont déjà des formes d’activité physique.
Lorsqu’on est en situation d’obésité et que l’on a été peu actif pendant plusieurs mois ou plusieurs années, l’objectif n’est donc pas de « se remettre au sport » du jour au lendemain. Il s’agit avant tout de retrouver progressivement le plaisir et la capacité de bouger, en tenant compte de sa condition physique, de ses éventuelles douleurs et de son état de santé.
Alors, comment reprendre une activité physique progressivement et trouver une pratique adaptée à ses capacités ?
Activité physique et sport : ce n’est pas exactement la même chose
L’activité physique correspond à l’ensemble des mouvements du corps qui entraînent une dépense énergétique supérieure à celle du repos.
Le sport n’en représente qu’une partie.
Une promenade, monter quelques escaliers, faire ses courses à pied, bricoler ou effectuer certaines tâches quotidiennes participent également à augmenter son niveau d’activité.
Cette distinction est importante car elle permet de sortir d’une logique du « tout ou rien ». Chaque occasion de bouger davantage dans la journée peut compter.
Pour une personne très sédentaire, commencer par quelques minutes supplémentaires de marche peut ainsi constituer une première étape tout à fait pertinente.
Pourquoi bouger lorsque l’on est en situation d’obésité ?
Les bénéfices de l’activité physique ne se limitent pas à la perte de poids.
Une pratique régulière contribue notamment à améliorer les capacités cardiovasculaires et respiratoires, la force musculaire, la mobilité et l’autonomie. Elle peut également avoir des effets positifs sur le sommeil et le bien-être psychologique.
Dans le cadre d’une prise en charge de l’obésité, elle participe plus largement à l’amélioration de l’état de santé.
C’est pourquoi la balance ne doit pas être le seul indicateur permettant d’évaluer les bénéfices de l’activité physique.
Être capable de marcher plus longtemps, de monter des escaliers avec moins de difficulté ou de réaliser plus facilement certaines activités quotidiennes constitue déjà une évolution importante.
Commencer doucement plutôt que vouloir aller trop vite
Lorsqu’on décide de reprendre une activité physique, la tentation peut être de vouloir rapidement atteindre un niveau que l’on avait auparavant ou de suivre un programme trop exigeant.
Cette approche peut entraîner douleurs, fatigue importante ou découragement.
Il est généralement préférable de commencer par une activité que l’on est capable de réaliser confortablement, puis d’en augmenter progressivement la durée, la fréquence ou l’intensité.
Par exemple, une personne très peu active peut commencer par plusieurs courtes périodes de marche dans la journée plutôt que chercher immédiatement à effectuer une longue séance.
À retenir : mieux vaut une activité modérée que l’on peut pratiquer régulièrement qu’un programme très intense impossible à maintenir dans la durée.
Quelle activité choisir quand on est en situation d’obésité ?
Il n’existe pas une activité idéale pour toutes les personnes en situation d’obésité.
Le choix dépend notamment de la condition physique, des préférences personnelles, des éventuelles douleurs articulaires, des antécédents médicaux et des possibilités de chacun.
La marche constitue souvent une activité facilement accessible et modulable.
Lorsque les articulations sont douloureuses, les activités pratiquées dans l’eau peuvent être intéressantes car elles réduisent les contraintes liées au poids du corps. Le vélo, notamment le vélo d’appartement, peut également permettre de travailler l’endurance tout en limitant certains impacts articulaires.
Des exercices adaptés de renforcement musculaire peuvent compléter les activités d’endurance et contribuer au maintien ou à l’amélioration des capacités physiques.
Mais le critère essentiel reste souvent beaucoup plus simple : choisir une activité que l’on apprécie suffisamment pour avoir envie de la poursuivre.
Et si j’ai mal aux genoux, au dos ou aux articulations ?
Les douleurs articulaires peuvent constituer un frein important à la reprise d’une activité physique.
Elles ne signifient pas nécessairement qu’il faut arrêter de bouger, mais peuvent nécessiter d’adapter le type d’activité, son intensité ou sa durée.
Certaines pratiques limitent davantage les impacts, comme les activités aquatiques ou certains exercices réalisés assis.
Lorsque les douleurs sont importantes, inhabituelles ou persistantes, un avis médical ou l’accompagnement d’un professionnel permet de rechercher une activité compatible avec la situation de la personne.
L’objectif n’est jamais de pratiquer « malgré la douleur » à tout prix.
Qu’est-ce que l’activité physique adaptée (APA) ?
L’activité physique adaptée, souvent appelée APA, correspond à une pratique conçue en fonction des capacités, des besoins et de l’état de santé de la personne.
Elle peut être particulièrement intéressante lorsque la reprise d’une activité seul semble difficile ou lorsque certaines limitations nécessitent un accompagnement spécifique.
Le professionnel en activité physique adaptée peut notamment évaluer les capacités physiques, proposer des exercices appropriés et faire évoluer progressivement le programme.
Cette approche permet de construire une pratique réaliste et sécurisée, avec des objectifs adaptés à chaque personne.
Faut-il attendre d’avoir perdu du poids pour commencer ?
Non. L’activité physique peut être intégrée à la prise en charge indépendamment de la perte de poids.
Attendre d’avoir atteint un certain poids avant de commencer à bouger n’est donc généralement pas nécessaire.
L’activité doit en revanche être adaptée aux capacités actuelles, et non à celles que l’on souhaiterait avoir dans quelques mois.
Pour certaines personnes, la première étape sera une promenade quotidienne. Pour d’autres, quelques exercices réalisés à domicile ou accompagnés par un professionnel seront plus appropriés.
L’important est de construire progressivement une activité compatible avec son quotidien.
Et avant ou après une chirurgie bariatrique ?
L’activité physique peut également faire partie de la préparation à une chirurgie de l’obésité.
Avant l’intervention, elle permet notamment de travailler les capacités physiques et d’installer progressivement une routine adaptée.
Après une chirurgie bariatrique, la reprise est progressive et dépend de l’intervention, de la récupération et des recommandations de l’équipe médicale.
À plus long terme, l’activité physique fait partie des éléments importants du suivi et accompagne les changements alimentaires et comportementaux mis en place dans le cadre de la prise en charge.
Comment commencer concrètement ?
Il n’est pas indispensable de se fixer immédiatement un objectif ambitieux. Une approche simple consiste à observer son niveau d’activité actuel puis à rechercher une petite évolution réaliste.
Cela peut être marcher quelques minutes supplémentaires, effectuer certains déplacements à pied, se lever plus régulièrement lorsque l’on reste longtemps assis ou programmer deux courtes séances d’activité dans la semaine.
Une fois cette première habitude installée, l’activité peut évoluer progressivement.
Le meilleur programme n’est pas nécessairement celui qui paraît le plus performant sur le papier : c’est celui qui peut trouver durablement sa place dans le quotidien.
Une prise en charge qui ne repose pas uniquement sur le poids
L’obésité est une maladie chronique complexe. Sa prise en charge ne se limite ni à l’alimentation, ni à l’activité physique, ni à une éventuelle intervention chirurgicale.
Au CCTO, l’activité physique adaptée s’intègre dans une approche pluridisciplinaire prenant en compte la situation médicale, nutritionnelle et psychologique de chaque patient.
L’objectif est de proposer une prise en charge adaptée aux capacités, aux besoins et au parcours de chacun.
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